L’article 2 du décret n°92-850 du 28 août 1992 précise que l’ATSEM « assiste les enseignants dans la classe, sous la responsabilité de ceux-ci ». Pourtant, dans de nombreuses écoles, l’organisation quotidienne conduit parfois à laisser l’ATSEM seule avec les élèves, notamment lors des pauses ou d’absences brèves de l’enseignant.
Cette pratique soulève des questions de responsabilité et de conformité aux textes officiels. Certaines collectivités territoriales adoptent des règles internes plus strictes, tandis que les attentes des équipes éducatives varient considérablement d’un établissement à l’autre.
Le rôle essentiel de l’ATSEM en classe maternelle
Au cœur de l’école maternelle, l’ATSEM occupe une place de choix. En contact permanent avec les enseignants et les élèves, elle intervient à chaque étape de la journée : du vestiaire à la cantine, des ateliers aux moments de transition. Employée par la mairie, son rôle dépasse largement l’assistance matérielle. Elle prend en charge des groupes d’enfants lors d’activités, parfois même en l’absence immédiate de l’enseignant, tout en respectant un cadre réglementaire précis.
Voici quelques exemples concrets de missions qui lui sont confiées :
- Accompagnement de groupes lors d’activités manuelles ou motrices.
- Animation ponctuelle d’ateliers spécifiques, selon la proposition de l’enseignant.
- Surveillance de petits groupes à la BCD ou lors de déplacements internes à l’école.
L’ATSEM peut se voir confier un groupe d’élèves pour une activité hors de la salle principale, à condition d’avoir l’approbation de l’inspecteur. Cette confiance s’appuie sur une connaissance fine des besoins des enfants et sur la qualité de la relation avec l’enseignant, qui reste pilote du projet pédagogique. L’expertise de l’ATSEM devient alors une ressource précieuse pour accompagner les élèves dans les différents espaces de l’école.
Sa polyvalence s’exprime aussi lors des transitions : gestion des sanitaires, préparation du matériel, aide à l’habillage, mais aussi présence rassurante dans les temps calmes ou les séparations du matin. Tout l’enjeu réside dans l’équilibre : veiller à la sécurité et au bien-être des enfants, sans déroger aux règles et en respectant la répartition des responsabilités entre la mairie et l’éducation nationale.
Peut-elle rester seule avec les élèves ? Ce que dit la réglementation
La question de la présence seule de l’ATSEM auprès d’un groupe d’élèves ne trouve pas une réponse unique dans les écoles maternelles. La réglementation distingue clairement les responsabilités de chacun : l’enseignant porte la conduite pédagogique, tandis que la mairie, en tant qu’employeur, décide des missions de ses agents.
Il arrive que le directeur d’école refuse que l’ATSEM se retrouve isolée avec des enfants, ou que la mairie s’oppose à cette organisation. L’avis de l’inspecteur de l’éducation nationale s’avère alors décisif. Sans validation explicite, l’ATSEM n’a pas à diriger seule un groupe, même pour une activité de courte durée. La question de la responsabilité civile ou pénale s’invite alors : en cas de souci, la répartition des rôles entre l’éducation nationale et la collectivité territoriale dépend de ces accords formels.
Encadrement, sécurité, assurance : ces principes structurent la vie quotidienne. Parfois, l’ATSEM accompagne des enfants à la BCD ou encadre un atelier éloigné de la classe, mais toujours sous la surveillance indirecte de l’enseignant. Toute exception à cette règle doit recevoir une validation en bonne et due forme, afin d’éviter toute zone grise sur le plan juridique ou administratif.
Trois points à retenir pour clarifier la situation :
- L’ATSEM peut être seule dans un espace annexe, uniquement si l’inspecteur a donné son accord.
- La mairie garde la maîtrise de l’organisation du travail de ses agents.
- Le directeur veille à l’application du cadre réglementaire en vigueur.
La prudence reste de mise pour prévenir tout écart, garantir la sécurité des enfants et protéger les agents territoriaux, tout en assurant une prise en charge conforme aux règles.
Précautions et bonnes pratiques pour une organisation sereine
Les écoles maternelles reposent sur une organisation rigoureuse destinée à protéger les élèves. Le tableau de surveillance, affiché dans chaque établissement, précise qui fait quoi à chaque instant. Grâce à cette répartition claire des tâches entre enseignant et ATSEM, chaque adulte sait où se trouvent les enfants et qui en a la charge. Ce dispositif limite les risques, surtout lors des passages d’un lieu à un autre : salle de classe, dortoir, BCD.
L’ATSEM peut assurer seule la surveillance du dortoir ou accompagner un groupe à la bibliothèque, mais uniquement dans le cadre convenu à l’avance. L’équipe pédagogique fixe ces règles, souvent lors des conseils d’école, sous forme de conventions ou de notes de service validées par la mairie et l’inspection. Le respect de ces protocoles protège les agents et clarifie les responsabilités de chacun.
Quelques pratiques renforcent la sécurité au quotidien :
- Affichage du tableau de surveillance dans les espaces concernés.
- Application stricte du protocole sanitaire lors des changements de groupe.
- Élaboration d’une convention pour le partage des locaux durant le temps scolaire.
La vigilance reste indispensable lors des activités en petits groupes. L’enseignant doit en permanence pouvoir localiser chaque élève et savoir qui assure la surveillance. Cette traçabilité, appuyée par des outils simples comme les listes ou les fiches de présence, constitue un filet de sécurité en cas d’incident. La rigueur collective façonne un climat serein, bénéfique autant pour les enfants que pour les professionnels.
Partages d’expériences : enseignants et ATSEM racontent leur quotidien
Dans les écoles maternelles, le quotidien s’écrit à plusieurs mains. Léa, ATSEM à Rennes depuis sept ans, raconte : « Chaque matin, j’accompagne un groupe à la BCD, sans l’enseignante, pour choisir un livre. La confiance s’est construite peu à peu, mais tout est cadré : consignes précises, liste d’élèves, retour à heure déterminée. » L’accord de la direction et de l’inspection évite toute improvisation.
Côté enseignant, déléguer ne s’improvise pas. « Nous préparons les activités en petits groupes à l’avance, précise Samuel, professeur des écoles à Toulouse. L’ATSEM peut mener un atelier dans une salle attenante, mais je reste en charge de la surveillance. » Un cahier de bord consigne chaque déplacement d’élève. Ce suivi régulier est devenu un réflexe, limitant les oublis et clarifiant les responsabilités.
Le directeur d’école veille à ce que l’information circule : « Les parents doivent signaler les absences, un certificat médical est requis pour toute maladie contagieuse. À la cantine, la mairie assure la surveillance. » Cette vigilance partagée s’exerce du portail jusqu’à la sortie, chaque élève restant sous la responsabilité d’un adulte clairement identifié jusqu’au départ. Entre exigences réglementaires et ajustements quotidiens, la clé tient dans une organisation collective et une communication constante entre tous ceux qui font vivre la classe maternelle.
Lorsque chaque adulte connaît sa partition, la journée s’enchaîne sans fausse note. Et si l’équilibre semble parfois fragile, il tient, tout simplement, à la confiance patiemment construite entre ceux qui veillent, enseignent et accompagnent les premiers pas d’une génération.


